Le Collectif « une société pour tous les âges » réagit au rapport Rosso-Debord sur le financement des services aux personnes âgées en situation de handicap

Conférence de presse du 8 juillet 2010

Révision de l’APA, recours sur succession, privatisation, soutien à domicile menacé

« Je créerai une 5ème branche de la protection sociale pour consacrer suffisamment de moyens à la perte d’autonomie et garantir à tous les Français qu’ils pourront rester à domicile s’ils le souhaitent ». Nicolas Sarkozy – 6 avril 2007 – candidat à l’élection présidentielle

Le Collectif, en accord avec le rapport de la CNSA de 2007, réclame un « nouveau champ de protection sociale d’aide à l’autonomie avec la création d’une prestation de compensation, universelle et personnalisée (personnes âgées et handicapées), quel que soit l’âge, le projet de vie, le lieu d’habitation de la personne. » On ne peut se féliciter de l’allongement de l’espérance de vie et dans le même temps ne pas en assumer les conséquences.

Les membres du Collectif « Une société pour tous les âges » qui réagissent au rapport Rosso-Debord s’interrogent notamment sur les points suivants :

- La suppression de la barrière âge n’est pas envisagée. Le collectif dénonce cette discrimination liée à l’âge et rappelle les engagements de la loi de 2005 pour les personnes handicapées quel que soit leur âge (PCH/APA).

- Les chiffres annoncés et attribués à la « dépendance » dans le rapport, ne sont pas tous liés à la perte d’autonomie comme les hospitalisations, consultations, problèmes de santé courants liés à la mauvaise organisation du système de santé (cf. rapport HCAAM de avril 2010)

- Au moins 500 000 personnes ayant des incapacités à réaliser des actes de la vie courante (bénéficiaires de l’APA en GIR 4) n’auront plus accès à une aide financière pour recourir à des services professionnels à domicile, avec de très graves impacts sur le soutien aux personnes fragilisées et sur l’emploi dans ce secteur.

- Le collectif refuse tout « recours sur succession » ou « gage sur patrimoine » contraire à toute notion de solidarité nationale (véritable « double peine », prestation « à deux vitesses »), avec là aussi des conséquences directes sur l’emploi des services de proximité professionnels.

- Selon le principe de mutualisation et de cohésion sociale qui est au fondement de la société française, le collectif s’oppose à toute assurance individuelle venant se substituer à terme à l’APA (ou toute nouvelle prestation moins discriminante), car destructrice de l’éthique de solidarité. Quelle garantie de toucher cette rente à terme ? Sur quel montant, au regard des besoins ? A partir de quel référentiel d’évaluation ?

Pour en savoir plus : http://une-societe-pour-tous-les-ag…